17 mai 1853

« 17 mai 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 45-46], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21124e1001, page consultée le 06 mai 2026.

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Bonjour, mon trop beau petit homme, bonjour, j’ai envie de vous griffer un peu pour faire diversion à votre splendeur d’Adonis. Qu’en dites-vous ? En revanche je suis vieille et laide pour deux et même pour trois, telle est ma générosité, ce qui ne m’empêche pas de bisquer comme quatre. J’étais si penaude de vous quitter si tôt hier, après vous avoir vu si peu que je ne me sentais pas le courage de rentrer au logis. Aussi, j’ai fait le grand tour pour tâcher de retrouver la même quantité de pas, sinon de bonheur, mais je me suis bien vite lassée de ce plaisir de cheval de bois et je suis revenue un peu plus tard mais pas plus satisfaite. Aujourd’hui, c’est votre tour de traiter la démagogie, ce qui sera encore le prétexte de venir très tard et de vous en aller très tôt. Je m’y attends sans en être plus contente pour cela, tant je suis difficile et exigeante. Voime, voime, c’est aussi votre opinion et je vous la pardonne. Sur ce, je vous tire ma révérence tout bonnement et je vais m’occuper de votre tisanea et de votre copie, car c’est là-dessus que mon cœur se rattrapeb comme il peut de toutes mes déceptions.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « tisanne ».

b « rattrappe »


« 17 mai 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 47-48], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21124e1001, page consultée le 06 mai 2026.

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Je ne sais pas où en est la poste et par conséquent où j’en suis moi-même du temps qui nous sépare. Je sais que je t’attends et que je t’aime avec une confiance digne d’un meilleur sort. Du reste il y a peu d’espoir de promenade aujourd’hui à en juger par le temps de maintenant. Aussi, mon cher petit homme, je te désire pour la joie de mon cœur et le bonheur de mon âme en dehors de tous les plaisirs de la promenade. Tâche de venir le plus tôt que tu pourras et si tu ne peux pas venir autant que je le voudrais, pense à moi, regrette-moi et aime-moi pour que mon cœur ne s’ennuie pas trop de ton absence. Pour l’y aider, je vais copier ce que tu m’as donné hier. En attendant, je viens de payer ton charbon 18 shillingsa. C’est la troisième foisb que je t’avance, sans compter le reste et des pavots aujourd’hui. Un de ces jours, je vous présenterai MA MÉMOIRE parce qu’on ne sait pas ce qui peut arriver, bis, ter et reter. Veux-tu te taire ? Payez-moi mes quarante-huit sous d’ancien et je vous permettrai de parler. Sinon taisez-vous et dépêchez-vous de venir, d’ailleurs vous ne pouvez pas poser aujourd’hui. Aussi, si vous ne venez pas bientôt, je saurai ce que cela veut dire.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « shellings ».

b « voie ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.